Travaux • 18.10.2026

Travaux à la charge du locataire : ce que couvrent l’entretien courant et les petites réparations

Julie Rousseau
Liste des travaux à la charge du locataire : entretien courant et petites réparations
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Publié par : — Rédactrice en chef

Le locataire doit assurer l’entretien courant du logement et payer les petites réparations liées à son usage quotidien. En revanche, il n’a pas à financer la vétusté, une malfaçon, un vice de construction ou un sinistre imprévisible. Cette liste des travaux à la charge du locataire aide à déterminer qui doit intervenir avant d’accepter un devis ou une retenue sur le dépôt de garantie.

Le principe : entretenir ce que l’on utilise, pas rénover ce qui s’use

La répartition des responsabilités repose notamment sur l’article 7-d de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 et sur le décret n° 87-712 du 26 août 1987. Le locataire prend en charge les réparations locatives, c’est-à-dire l’entretien courant et les petites interventions rendues nécessaires par l’usage normal du logement.

Quiz : les travaux à la charge du locataire

Testez votre compréhension des réparations locatives et des situations qui peuvent modifier la responsabilité.

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1. Quelle catégorie correspond en principe aux tâches régulières liées à l’usage normal du logement ?

L’entretien courant et les menues réparations correspondent aux interventions régulières liées à l’usage normal du logement et relèvent généralement du locataire.

2. Comment la vétusté est-elle distinguée de l’entretien courant ?

La vétusté correspond à l’usure normale liée au temps. Elle ne doit pas être confondue avec un défaut d’entretien ou une dégradation imputable à l’occupant.

3. Une réparation rendue nécessaire par une malfaçon relève de quelle logique ?

Une malfaçon est un défaut lié à la réalisation ou à la conception. Elle se distingue donc des réparations locatives liées à l’entretien courant ou à l’usage.

4. Pourquoi un sinistre doit-il être distingué d’une réparation locative classique ?

Un sinistre ne se traite pas comme un simple entretien courant : l’origine de l’événement et les responsabilités doivent être examinées.

5. Pour un équipement du logement, quelle affirmation est la plus juste ?

Le locataire peut être tenu de l’entretien courant et des petites réparations liées à l’usage, mais il faut distinguer ces obligations de la vétusté ou d’un défaut qui ne lui est pas imputable.

6. Quelle obligation peut concerner les espaces extérieurs mis à disposition du locataire ?

Lorsqu’ils sont mis à disposition, les espaces extérieurs peuvent nécessiter un entretien courant relevant des obligations locatives, à distinguer des travaux lourds ou de la vétusté.

Nettoyer, graisser, remplacer un joint ou déboucher un siphon relèvent généralement du locataire. En revanche, le remplacement d’une installation devenue défaillante avec le temps, la réparation d’une toiture ou le traitement d’une humidité due à un défaut du bâtiment relèvent du bailleur. Celui-ci doit délivrer et maintenir un logement décent, avec des équipements en état d’usage.

Le bon réflexe pour décider qui paie

Avant toute intervention, posez-vous trois questions : l’équipement fonctionnait-il à votre arrivée ? La panne vient-elle d’un défaut d’entretien ou de son ancienneté ? Le dommage résulte-t-il d’un événement extérieur ? Si le problème est lié à l’usage quotidien, la charge est souvent locative. Si l’équipement arrive en fin de vie ou présente un défaut intrinsèque, le propriétaire doit normalement prendre le relais.

Un petit défaut peut rapidement aggraver les dégâts. Un joint qui fuit peut gonfler un meuble, puis détériorer un revêtement. Agir dès le premier signe limite les dommages et facilite l’identification de la responsabilité. Photographiez l’anomalie, signalez rapidement le problème et conservez les factures d’entretien pour établir une chronologie précise.

La liste des travaux à la charge du locataire, équipement par équipement

Cette liste couvre les situations les plus fréquentes. Elle ne signifie pas que le locataire doit remplacer à neuf un équipement usé. Il prend en charge les gestes d’entretien et les petites pièces lorsque la dégradation lui est imputable ou découle de l’usage habituel du logement.

Portes, fenêtres, volets et finitions intérieures

  • Nettoyage et entretien des vitres, poignées, serrures, verrous, gonds et charnières, avec graissage si nécessaire.
  • Remplacement de petites pièces comme une clé perdue, un bouton, une poignée ou une visserie lorsqu’elles ont été détériorées ou qu’elles manquent.
  • Entretien des stores, volets et grilles : nettoyage, graissage et remplacement des cordons, sangles ou petites fixations.
  • Raccords de peinture, de tapisserie ou de revêtement de sol lorsqu’ils ont été abîmés par le locataire, rebouchage des petits trous et maintien en bon état de propreté des murs, plafonds et sols.

Le vitrage cassé est en principe à la charge du locataire, sauf si le bris provient d’un vice de construction, d’un événement de force majeure ou d’une personne extérieure identifiable. Une assurance habitation peut alors intervenir selon les garanties souscrites.

Eau, sanitaires et évacuations

  • Dégorgement des canalisations accessibles, nettoyage des siphons et retrait des dépôts liés à l’usage.
  • Remplacement des joints de robinetterie, des joints de chasse d’eau, des clapets, des colliers et des autres petites pièces d’usure.
  • Entretien des éviers, lavabos, baignoires, douches et WC : nettoyage, détartrage raisonnable et maintien des appareils sanitaires en bon état.
  • Entretien courant d’une fosse septique lorsque le logement en comporte une, notamment selon les obligations prévues au bail ou liées à l’usage des installations.

Une fuite située sur une canalisation encastrée ou sur une colonne montante n’est pas automatiquement locative. Le locataire peut devoir entretenir l’élément visible, mais le propriétaire reste responsable d’une fuite liée à une installation vétuste ou défectueuse.

Chauffage, eau chaude et ventilation

Lorsque la chaudière est individuelle, son entretien annuel incombe habituellement au locataire, sauf clause ou organisation particulière prévue dans le bail. Les gestes courants sur les radiateurs et la robinetterie lui reviennent également : nettoyage, purge lorsque nécessaire et remplacement de petites pièces. Le ramonage des conduits de ventilation et d’évacuation des fumées et des gaz peut aussi relever de l’occupant selon l’installation.

En revanche, une chaudière qui tombe en panne parce qu’elle est ancienne, un ballon d’eau chaude hors service ou une VMC défaillante malgré un entretien normal ne doivent pas être remplacés aux frais du locataire. Conservez l’attestation d’entretien : elle permet de montrer que l’obligation de maintenance a été respectée.

Extérieurs privatifs : ce que le locataire doit maintenir

La responsabilité du locataire concerne aussi les espaces dont il a l’usage exclusif. Un jardin privatif ne doit pas être laissé à l’abandon, même si les travaux lourds ou la remise en état liée à un problème structurel restent à la charge du propriétaire.

  • Entretien du jardin : tonte de la pelouse, désherbage, arrosage raisonnable et entretien des massifs.
  • Taille et élagage courant des arbustes et des haies, retrait des feuilles et entretien des allées.
  • Nettoyage des terrasses, auvents, marquises et évacuations d’eau accessibles.
  • Remplacement de petites pièces des équipements extérieurs lorsque leur usure résulte de l’usage.

Le locataire n’a pas à financer l’abattage d’un arbre dangereux, la réfection d’une terrasse affaissée ou la remise en état d’un mur de clôture vétuste. De même, une végétation déjà dégradée lors de l’entrée dans les lieux ne peut pas lui être reprochée si l’état des lieux décrit correctement son état.

Les situations où le propriétaire doit payer

Le bailleur assume les gros travaux, les réparations nécessaires pour conserver le logement en bon état et celles qui ne proviennent pas d’une faute du locataire. La vétusté est déterminante : l’usure normale d’un parquet, d’une peinture, d’une chaudière ou d’un sanitaire ne peut pas être facturée comme une dégradation.

Situation Responsable habituel Exemple
Entretien courant ou petite pièce usée par l’usage Locataire Joint de robinet, siphon à nettoyer, poignée à remplacer
Équipement en fin de vie ou vétuste Propriétaire Chaudière ancienne hors service, ballon d’eau chaude défaillant
Vice de construction ou malfaçon Propriétaire Infiltration liée à une étanchéité défectueuse
Dégradation imputable à un usage anormal Locataire Porte cassée, sol brûlé, absence d’entretien ayant aggravé une panne
Force majeure ou sinistre extérieur À déterminer selon les circonstances et l’assurance Dégât causé par une tempête ou une fuite provenant d’un autre logement

Une clause du bail ne peut pas transférer au locataire des travaux qui incombent légalement au propriétaire. Si une demande paraît excessive, demandez une explication écrite précisant la nature de la panne, sa cause et le détail du montant réclamé.

Éviter le litige : preuves, signalement et état des lieux

La meilleure protection commence dès l’entrée dans le logement. L’état des lieux doit décrire précisément les équipements, leur fonctionnement apparent et leurs défauts visibles. Ajoutez des observations si nécessaire et conservez les photographies datées. À la sortie, ce document servira de comparaison pour distinguer l’usure normale d’une détérioration.

Réagir correctement face à une fuite ou une panne

Prévenez le propriétaire ou l’agence par écrit dès qu’un problème sérieux apparaît, en particulier en cas de fuite, de panne de chauffage ou de risque d’aggravation. Décrivez les symptômes, joignez des photos et demandez des consignes avant d’engager une dépense importante. En urgence, prenez les mesures nécessaires pour limiter le dommage, puis gardez les justificatifs.

Pour les interventions à votre charge, archivez les factures, les attestations d’entretien et les échanges écrits. En cas de retenue sur le dépôt de garantie, le bailleur doit pouvoir justifier les sommes demandées. Si le désaccord porte sur la vétusté, l’origine d’une panne ou le coût d’une réparation, ne signez pas trop vite une reconnaissance de dette. Rassemblez les éléments matériels et faites examiner la situation avant toute décision.